L’entrepreneuriat social consiste à créer une activité économique viable pour répondre aux besoins sociaux et environnementaux (accès aux soins, aux énergies, au logement, gâchis à grande échelle, chômage de longue durée, circuits courts, bio, croissance verte, etc.)

C’est un mouvement de fond mondial qui participe au renouvellement des modèles économiques dominants qui ont montré leurs limites – économie de marché financiarisée ou bien prédominance de l’Etat – en créant une troisième voie émancipatrice à mi-chemin entre ces deux pôles. Il cherche à mettre l’efficacité économique au service de l’intérêt général.

Quel que soit le statut juridique qu’elles adoptent les entreprises sociales intègrent donc les objectifs de l’action publique tout en s’inscrivant pleinement dans le marché. Elles s’efforcent d’être performantes économiquement pour résoudre de façon efficace les problèmes sociaux et environnementaux auxquels ni l’Etat, ni le marché ne savent répondre seuls.

Leurs dirigeants sont avant tout motivés par l’intérêt général. Le profit est pour eux un moyen, non une fin en soi. Ils cherchent à concilier initiative privée et solidarité, esprit d’entreprise et volonté de rendre l’économie plus humaine, rentabilité et partage des richesses.

Les entrepreneurs sociaux réconcilient l’économique et le social via un modèle d’entreprise qui repose sur 4 piliers dynamiques :

  • Un projet économique viable : Comme son nom l’indique, une entreprise sociale est avant tout une entreprise. Une initiative privée insérée dans un marché concurrentiel et indépendante des pouvoirs publics. Elle se fonde donc sur un modèle économique viable induisant une prise de risque, une capacité à innover pour répondre et s’adapter à des demandes de marché, par une production de biens et/ou de services, la création de richesses et d’emplois. Il ne peut pas y avoir de projet social fort sans projet économique fort et il serait stérile de les opposer. Tout l’enjeu de l’entreprise sociale est de ré-encastrer le social dans l’économique.
  • Une finalité sociale et/ou environnementale : L’objet d’une entreprise sociale est de répondre à un besoin social, sociétal ou environnemental. Autrement dit, sa mission première est d’atteindre, au-delà de son seul impact économique, un impact social, sociétal ou environnemental positif. Cela est possible par le biais du recrutement de ses salariés (précaires, en situation d’exclusion, handicapés, …), par le biais de ses méthodes de production (production dans des conditions éthiques, favorisant le développement local, …), ou encore par le biais de sa clientèle / ses bénéficiaires (publics non solvables, …).
    Cette mission sociale doit être inscrite dans l’objet social de l’entreprise ou le pacte d’actionnaires. L’entreprise doit disposer également d’outils et d’indicateurs pour évaluer cette finalité dans la durée (« langage de la preuve ») : l’entrepreneuriat social ne se décrète pas, il se démontre au quotidien !
  • Une lucrativité limitée : Comme toute entreprise, l’entreprise sociale doit être rentable pour exister, survivre et se développer. Cependant, elle place cette rentabilité au service de sa finalité sociale et/ou environnementale. Elle limite sa lucrativité pour redistribuer les bénéfices qu’elle produit vers son projet social. Cela lui permet de disposer de ressources supplémentaires pour maximiser son impact social sur le long terme.
    Le principe de lucrativité limitée se traduit par des logiques de fonctionnement simples :
    Les excédents sont mis au service du développement du projet social/environnemental de l’entreprise et des hommes (mises en réserves, investissements, fonds propres, partage avec les salariés, etc.).
    La rémunération du capital (le cas échéant) est limitée.
    L’échelle des salaires est encadrée (de 1 à 10).
  • Une gouvernance participative : Dans une entreprise sociale, le processus de décision n’est pas fondé sur la propriété du capital. L’entreprise sociale cherche à y impliquer ses parties prenantes (salariés, collectivités, financeurs, bénéficiaires, fournisseurs, …), pas au nom d’une idéologie mais au nom de l’efficacité et de la qualité du service qu’elle produit.

Source : www.mouves.org